Sunday, 19 October 2014

PR MAHDI ELMANDJIRA - MONUMENTAL RABÂCHAGE D’UNE HISTOIRE MENSONGÈRE

PR MAHDI ELMANDJIRA
MONUMENTAL RABÂCHAGE D’UNE HISTOIRE MENSONGÈRE
 













APOCALYPSE 23 - WESTERN LEGALISED GLOBAL TERRORISM

APOCALYPSE 23
WESTERN LEGALISED GLOBAL TERRORISM

GHYSLAINE ROC


























LES POLITIQUES ONT PEUR D'ALAIN SORAL - ÉGALITÉ & RÉCONCILIATION


ALAIN SORAL - LE PLUS GRAND ET LE PLUS COURAGEUX ESPRIT DE FRANCE "TERRORISE" LES POLITIQUES!

VIVE LA FRANCE LIBRE!

  https://www.youtube.com/watch?v=tZZ3op5Dqko

David Duke: la Insensatez del Sionismo Cristiano ( subtítulos en español )

DrDavidDukeenEspanol

 

Marianne dénonce Alain Soral

Les journalistes du Nouveau Marianne, issus de la gauche, donc théoriquement descendants du communisme, devraient connaître la sentence de Lénine : le capitaliste vendrait la corde qui servira à le pendre. Le rapport avec Kahn Hebdo ? Les cinq pages consacrées à E&R et Alain Soral dans le numéro du 17 octobre (53ème anniversaire de la manif FLN réprimée à Paris). Pour l’hebdomadaire, qui a perdu un lecteur sur sept entre 2012 et 2013, il faut vendre. Et Soral, c’est vendeur.
Voici donc le énième sujet sur lui, où l’on n’apprend rien, même si on nous épargne le coup de la Bête Immonde des Temps Obscurs (BITO ?), qui fait désormais rire les maternelles. La dernière technique de la dominance, c’est séparer le corps de la tête : démobiliser les militants en évoquant une possible arnaque commerciale de Soral, qui manipulerait des imbéciles pour se faire du fric. Pourquoi pas ? Tous les journaux font pareil, et on voit où ça les a menés : Jean-François Kahn est revenu tailler dans les salaires des trop nombreux directeurs du titre. Mais reprenons l’article depuis le début.

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Chapô

Pour ce qui est de l’intro, rien ne dépareille des confrères : fond noir, du « inquiétants » en énorme en guise de titre, on est bien dans la presse de gauche qui fait trembler ses lecteurs, à défaut de les informer. Jusque-là, rien que du très classique, qui fait bailler les « bataillons » que nous sommes censés être. Dès le chapeau, on note une petite erreur, quand on annonce un Soral « égérie de l’extrême droite ». D’abord, égérie c’est pour une gonzesse, terme qui a été plongé dans toutes les sauces, par exemple Marianne est l’égérie de la gauche sioniste, ou Nabilla est l’égérie de la médiocrité médiatique. Comme quoi, on peut aussi prendre des exemples non antisémites.

Venons-en à « l’extrême droite ». Ici, à E&R, on se regarde, interloqués. Où ça, les mecs d’extrême droite ? Toi ? Non. Alors toi ? Ben non. Toi ? Lâche-moi avec tes étiquettes, bouffon.

Bon, visiblement, personne n’en veut, et dans l’écrasante majorité des cas par esprit de précision et honnêteté intellectuelle, pas du tout par peur de paraître facho à cause de l’éternel amalgame Collaboration – Déportation - Shoah. Car les gens qui sont chez E&R n’ont pas peur. Ils sont passés à l’action, par le fait de penser différemment, afin d’accéder à une compréhension du monde (soyons ambitieux) qui ne soit pas celle des poulets de batterie qui mangent du Marianne chaque semaine. Eh oui, si la Nouvelle Marianne avait raison, pourquoi perdrait-elle ses lecteurs ; et si E&R déconnait, pourquoi en gagnerait-on ? La fascination du Mal ? Où ça ? On a fait du mal à qui, à part se moquer du faux journaliste mais vrai antifrançais Haziza et dénoncer l’inconnue politique BHL ? On n’a tué personne, nous, on n’a pas bombardé de civils à Gaza, et on ne se réclame pas de ce gouvernement grandisraélien d’extrême droite réelle, raciste, fasciste, guerrière, dangereuse pour tous les équilibres. Géopolitiques et psychiques. Un journaliste sérieux, qui aurait floqué « enquête » sur son papier, aurait dû comprendre ça d’emblée. Sinon retirer « enquête » et mettre « romanquête », qui est plus juste, et ne prend pas le lecteur pour une buse. Pourquoi croyez-vous qu’il s’enfuit, quand il doit avaler des illogismes, pour ne pas dire absurdités ? Mince alors, nous voilà à donner des leçons de déontologie à de grands journalistes, tous directeurs ou rédacteurs en chef, de vrais maréchaux soviétiques, c’est le monde à l’envers. Une enquête, c’est fait pour déterrer des vérités, (bien) défendues, interdites. Des pièces du puzzle cachées, explicatives, qui, une fois placées, font lumière.



Poursuivons notre progression chronologique. Cela sera plus simple pour les curieux qui n’ont pas acheté le newsmagazine. La principale et première critique apparaît à la deuxième page de l’article : la personnalisation du mouvement, la soralisation de l’idéal de départ, qu’on rappelle ici, gauche du travail, droite des valeurs, qui a par ailleurs été captée par le FN et qui explique en partie son succès actuel. Ou celui de Zemmour, qui pille notre argumentaire pour vendre des livres et choquer le bourgeois de gauche en plateau. Petit furet coquin, si on t’attrape… on te met dans une petite cage ! Ha ha ha, vous voyez, les mariannistes, on a de l’humour et on n’est pas des nazis, sinon on aurait brûlé Zemmour dans une fosse après l’avoir abattu d’une balle dans la nuque ! Même si les nazis ont quelque peu plagié la méthode NKVD, mais c’est une autre Histoire…

Nous ne résistons pas à un bon mot qui a échappé à Marianne, un peu à la peine : Égalité & Soralisation, qui est le sens du papier, aurait fait un excellent « inter » (titre intermédiaire). Parallèlement, et avec une honnêteté qui doit lui arracher la tête, notre confrère (eh oui) note que le site E&R est devant les pure players cités par tout le monde, repris partout, avec plein d’invités en promo sur tous les plateaux, et des paquets de subventions, oui mais voilà, on est devant. Au lieu de chercher à savoir pourquoi (on sait jamais, Soral dit peut-être la vérité, éventuellement par accident), on va s’interroger sur les « bataillons de fans ». Autrement dit, la clé de ce succès, indéniable, et là Marianne se démarque de ses confrères qui mentent de manière primitive et infantile, est à trouver dans l’étrange bigarrure de ses fans. Soit. Soral est peut-être tout simplement le produit d’une mutation sociologique dans laquelle il n’est pour rien. Why not ? Malheureusement, les salopards de militants approchés refusent de participer à « un article à charge ». Comment peuvent-ils seulement dire une chose pareille, s’ils n’ont pas essayé ? Là, c’est nous-mêmes qui donnons un mauvais points à ces pleutres. Le mouvement saura les châtier. Nous allons rouvrir une fosse, elle fume encore.



Devant cette porte fermée, au lieu de faire l’excitant boulot d’enquêteur, c’est-à-dire trouver un moyen de contourner le mur (par exemple une bonne choucroute arrosée de Riesling pour délier les langues), le gars se contente de taper dans « les sympathisants », qui eux, n’ont pas de souci de parole (les autres doivent être terrorisés par le gourou, il faudrait à ce propos jeter un œil sur les statistiques de disparitions inexpliquées de militants E&R). La suite montre que ce groupe est « hétérogène », c’est-à-dire que c’est un peu n’importe quoi, comme le disait Ariel Wizman, envoyé spécial pour la première fois de sa vie, sur la manif Jour de Colère. Julien, premier sympathisant interrogé, s’en sort plutôt bien, même s’il est un « grand gaillard au crâne rasé », et ça, ça peut faire peur à un petit gros frisé de Marianne (on déconne, bon sang). Après Julien, qui sent dangereusement le skin - il lit le terrifiant Ryssen - on passe à Mehdi, donc arabe… mais c’est pas écrit, Marianne a d’incompréhensibles pudeurs avec les diversitaires.

À l’inverse de Julien, Mehdi est coquet, un bon point pour E&R mais un mauvais pour Marianne et le Pouvoir, car qu’est-ce qu’un mec équilibré avec un bon job fout chez E&R, du moins à la périphérie de E&R ? D’autant qu’il y a même des polytechniciens, carrément l’élite de la nation (là on n’est plus dans le lumpen-prolétariat skin ou arabe), qui se chicorent autour de la pensée soralienne ! Madre de dios ! Pire, Marianne a déniché un artiste juif dans le tas ! Quel foutoir ! Heureusement, on apprend que cette âme perdue a « levé le pied » quand le sionisme a été un peu trop embêté sur le site. Rappelons à Samuel, s’il existe (parce que avec ces enquêtes qui n’en ont que le nom, on est en droit de se méfier), qu’aucun juif n’a été torturé par les sections d’assaut de E&R (disons ERSS, c’est vendeur), que ce n’est pas inscrit dans les statuts, et qu’on a autre chose à faire. Alors oui, ne nous voilons pas la face, il est question de sionisme, mais parce que le sionisme est au pouvoir, on n’a rien contre le sionisme au départ ! Le sionisme, s’il était détaché du pouvoir, on s’en foutrait complètement, mais là, il fait corps, en quelque sorte. Tu tires sur l’un, y a l’autre qui vient. Comme un couple amoureux. C’est un fait.



Après cette revue de troupes sommaire, on en revient toujours au noeud gordien : le journal se pose entre les lignes (on le fait pour lui) la question de savoir pourquoi l’antisionisme a tant de succès, mais la réponse ne vient jamais. Soral, qui symbolise cette question à son corps défendant et, avouons-le, offensif, écrit dans son dernier ouvrage : « Je combats le suprémacisme juif, comme l’ont fait des dizaines et des dizaines d’esprits éclairés dans l’histoire avant moi. » Marianne, en bon médecin des âmes noires, juge que c’est « un combat, ou plutôt une obsession, qui infuse l’esprit de ceux qui l’écoutent ». Comme si Soral n’était pas l’obsession du pouvoir actuel : tout le monde se souvient du visage empourpré du ministre de l’Intérieur qui menaçait d’exploser en évoquant le nom du polémiste, ses veines du cou gonflant dangereusement ! Philippot lui avait gentiment demandé de prendre des vacances, lors de l’émission Des paroles et des actes, diffusée sur France 2 le 6 février 2014. On essaye d’expliquer le succès du soralisme par mille raisons négatives (car cela ne peut fondamentalement pas être de bonnes raisons), parce qu’on refuse de chercher les raisons profondes de l’antisionisme, ou du non-sionisme, ce qui serait le simple bon sens pour tout Français, républicain, attaché à son pays. Soral sert à la fois de bouc émissaire et de dernier écran pour le système. Le soralisme a aussi des conséquences inattendues : en banlieue, dans les classes, les lycéens commencent à discuter les cours. Où va-t-on si les petits Français d’origines diverse (nés au Diverseland) commencent à dire que le 11 septembre, c’est du flanc ! Mais où on va, là ? Quant à la Shoah, c’est carrément pas possible.

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Pour info, Slate est 227e, Morandini 235e, Mediapart 250e, Atlantico 289e, Les Inrocks 363e.

L’explication sociopolitique du succès de Soral vient enfin, en dernière page : « L’influence de Soral est inversement proportionnelle à l’échec des élites. » Soit une raison entièrement négative, comme si on ramassait les marrons tombés par terre. Non, les gens, les jeunes, les vieux, les femmes, les désintoxiqués de l’information ne s’attrapent pas avec des mouches, et ne s’attrapent pas non plus parce qu’ils seraient uniquement dégoûtés de l’information dominante. C’est même d’autant plus dur à réapprivoiser, un traumatisé de l’info, un trauma de la propagande. Ainsi, on mesure le mérite, non seulement de conserver des lecteurs, dans un contexte de guerre informationnelle déséquilibrée, mais d’en gagner. Nous réfutons en conséquence la raison « en creux », pour avancer un développement bêtement positif : les gens sont séduits, séduits par la clarté intellectuelle et la cohérence. Si l’on a tort, qu’on nous explique pourquoi les déçus de la propagande ne finissent pas par trains entiers chez Mediapart ou Atlantico, par exemple, qui ont des moyens surdéveloppés par rapport aux nôtres : argent privé, argent public, TVA qui saute, relais dans l’audiovisuel, informations privilégiées ? La solution finale, pardon, l’explication finale est apportée par un « ancien compagnon », non cité : Soral serait un « charlatan » (soulagement), mais un « charlatan efficace » (contrariété).
L’enquête, elle, se termine sur Maxime, qui commente sans les rejeter le complotisme et le révisionnisme. L’horreur, c’est que Maxime ne culpabilise pas. Tu parles d’un boulot : des dizaines de milliers de magazines, des dizaines de millions de quotidiens, des centaines de milliers d’heures de télé et de radio, des milliards d’euros engloutis pour que Maxime, 24 ans, ne croie pas aux versions officielles !?!

Et si on faisait rembourser aux dissidents les masses d’argent investies à perte sur leur personne ? Eh ouais, on a misé des tonnes-équivalent-euro en journalisme de matraquage sur Maxime, et ce con n’a rien gobé ! On se croirait dans Vol au-dessus d’un nid de coucous version France, quand un mec refuse de gober ces putain de médocs qui défoncent le crâne. Au fait, qu’est-ce qu’on a à parler de coucous ?
Pour Mathias Destal – que son Nom soit loué par les Dieux de la Déontologie mythologique – au final, tout est une histoire de fric et d’arnaque, d’arnaqueur et d’arnaqués, de crétins et de malin. Ce qui est rassurant sur l’hitlérisme qu’on nous prête, mine de rien. E&R ne serait qu’une vaste escroquerie, où les militants se feraient enfler, pour enfler les poches de Soral, à coups de tee-shirts « Goy » à 20€ ou de séjours enseignant « l’autonomie en milieu rural isolé » à 190€. Soral, matant de loin la guerre civile par ses soins déclenchée, se reposera en ricanant sur son île, comme le tycoon Filipacchi, entre deux roteuses et trois suceuses. A propos, ce salopard de Soral, il serait pas juif ? Soral, Sorel, Sokal… Fouillons dans sa généalogie, mesurons son nez… Ah ah ah, excuse-nous Mathias, la vanne est partie toute seule. C’est ça les idiots : ça réfléchit pas plus loin que le bout de leur petit nez.

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BHL mon amour, lettre ouverte à Bernard-Henri Lévy
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Mon cher Bernard,

Tu n’es pas un saint. Moi non plus. Et c’est pour cette dernière raison que je n’écrirai pas un énième pamphlet contre ta personne. On déteste chez les autres ce qu’on déteste chez soi-même.
Non. Aujourd’hui ce n’est pas la haine qui m’anime, mais bien l’amour. J’espère que tu t’en réjouiras avec moi.

Ce samedi 13 septembre 2014, c’était « Le Livre sur la place » à Nancy. Un de ces évènements culturo-mondains pseudo-populaires couvert depuis quelques temps par Nagui et France Inter. Un de ces évènements où l’on balance de la « culture » sur la tête du bon peuple pour lui donner l’impression qu’il participe lui aussi à cette branlette intellectuelle qui anime les plateaux télé et la sphère médiatique bobo-parisiano centrée. Merci pour le petit personnel.


 Comme cette manifestation est devenue « hype » et que les hasards du calendrier font bien les choses, tu nous fais grâce, Bernard, de ta présence pour nous présenter ton dernier chef d’œuvre : « Hôtel Europe ». L’ouvrage de la rentrée à n’en point douter. Tu peux viser les 2000 exemplaires je pense. Surtout après ta brillante intervention à l’Hôtel. De ville celui-ci. Monsieur l’ex-maire, Dédé le maçon, était présent au premier rang. Qui aurait voulu manquer cette heure de vérités enfilées les unes derrières les autres telles des perles de la nacre la plus fine sur le collier de Nadine de Rothschild ?

 Te voir arriver en chair et en os au milieu de la foule, des applaudissements à tout rompre et de tes deux gardes du corps provoqua en moi l’émotion rare de la rencontre des grands hommes. Contempler enfin ta coupe de cheveux de super sayan, ton torse viril dévoilé par l’ouverture de ta mythique chemise, tes yeux animés par la flamme de la justice la plus pure qui soit… Vraiment, les mots ne suffisent pas pour décrire mon ressenti. Et pourtant, comme toi, j’écris cette lettre chemise ouverte, trois boutons détachés. Bernard j’tai dans la peau. 
J’arrête ici l’ironie.

La vérité (si je mens !), c’est que te voir en vrai, sans le voile numérique de la télévision, m’a fait réaliser la pitié, la compassion que je te porte. En effet, tu n’es pas gâté par la vie, le rôle de « l’homme que tout le monde aime détester », n’est pas facile à porter. 

Regardons les choses en face, à commencer par le public présent dans la salle : d’anciens soixante-huitards nostalgiques de ta période Mao, quelques curieux et un nombre impressionnant de personnes du troisième âge dont un public particulier de mamies à qui ta chemise ouverte doit encore faire de l’effet. Pas vraiment un public d’avenir. Ne faisons pas l’autruche, peu de gens te respectent pour ce que tu es vraiment. Certes, tu auras droit à nombre de flatteries motivées par le réseau et la fortune qui t’accompagnent, mais pour le reste, je sais que tu es conscient que personne ou presque ne te considère vraiment, ni comme un écrivain de talent, encore moins un philosophe. Je sais qu’au fond de toi il y a un enfant (issu du peuple élu, bien entendu) qui rêvait de gloire et de respect, d’être un grand homme tel Diderot, une lumière tel Voltaire. Ces grands hommes dont tu aimerais accompagner la figure sur les nouveaux billets d’euros qui escorteront la renaissance de cette Union Européenne fédéraliste que tu annonces en prophète. Cet enfant dont je parlais, sent bien que tous ces flashs, ces caméras, ces présentateurs lèche-couilles ne sont qu’une illusion. Cela doit être dur à vivre.

Dur à vivre aussi, le mensonge dans lequel tu nages. En permanence. Je l’avais déjà remarqué lors d’interviews télévisées, tu as un tic au niveau du menton. Parfois quand tu parles et aussi quand tu te tais, ta fossette s’agite frénétiquement. Ce corps ne ment pas, et celui-ci suinte le mensonge quand pour d’autres il suinte la haine. Vraiment je ne pourrais pas vivre à ta place, tu dois tellement souffrir.

Et la peur, Bernard, la peur dans laquelle tu respires. J’ai lu ton dernier billet d’humeur sur « La règle du jeu », ton blog. Tu évoques l’insécurité que les « juifs de France » (et non pas les Français de confession juive) ressentent actuellement. Ce climat d’antisémitisme larvé, nourri de « l’antisionisme le plus vil, du négationnisme le plus épais et de la concurrence victimaire la plus trouble » (joli rythme ternaire au passage !)… J’aimerais que tu te sentes chez toi en France, Bernard. Que tu te sentes plus français qu’israélien. Que tu participes pleinement à la grande communauté nationale. Mon cœur pleure quand je repense à toutes ces tartes dont tu as gouté la crème. Je comprends ce sentiment d’insécurité qui t’habite maintenant. Je veux remédier à cela en te proposant mes bras grands ouverts.

J’aimerais citer ici le personnage de fiction, Danny Balint. Ce jeune juif devenu néo-nazi incarné à l’écran par Ryan Gossling dans le film éponyme. Je crois qu’il a tout compris. Dans un passage d’une grande éloquence, habité par un esprit quasi-christique, il nous partage : « Nous devons les aimer » dit-il en parlant des juifs. Il constate que le juif que tu représentes (on ne parle pas ici du fameux « juif du quotidien » ou du vrai juif religieux qui étudiait la Torah à coté de ses frères palestiniens avant l’arrivée des colonies israéliennes) « veut que tout le monde le haïsse ». « Si Hitler n’avait pas existé, les juifs l’auraient inventé eux-mêmes » tonne-t-il dans une grande lucidité. Juifs et Nazis sont les deux faces d’une même médaille, on est jamais autant obsédé par un ennemi qu’à mesure qu’il nous ressemble.
Ici commence une mise en abyme salutaire pour toi comme pour moi. Je ne veux plus te détester Bernard. Ce que je méprise en toi est aussi ma propre part d’ombre. C’est pour cela que le Christ nous invite à aimer nos ennemis. 

A la fin de la conférence, avec les copains d’Egalité et Réconciliation Lorraine on avait prévu une petite quenelle pour toi. Ce samedi matin, j’avais préparé avec tout mon cœur, une cassette avec une affiche des « Fruits de la passion » doublée d’une image de ta chère femme copulant avec l’iconoclaste Klaus Kinski. Je comptais te la faire dédicacer devant notre caméra. Drôle, non ? Malheureusement, tu as parlé beaucoup trop longtemps et il n’y avait plus de place pour stocker cette petite mise en scène à la fin de ton intervention. Imagine ma déception.

En méditant là-dessus aujourd’hui, je me dis que c’est pour le mieux. En effet Bernard, je ne désire plus t’humilier, te haïr. Ce serait te donner trop d’importance, rentrer dans le jeu dans lequel tu excelles et t’enfermer dans ce rôle qui te consume de l’intérieur. Tu es maintenant pour moi un pauvre clown triste que je prends en pitié.

Désormais je peux te le dire en toute sincérité : BHL, je t’aime.

Jean D’Eau.




Conférence Jacob Cohen - La Palestine, un siècle de mystification

ER Lorraine




Conférence Francis Cousin - A partir de Marx 1/2

ER Lorraine



Edward Saïd et la solution à un seul État

Avec la reconnaissance symbolique cette semaine de l’état de Palestine « à côté de l’état d’Israël » au Royaume-Uni, le débat vieux de plusieurs décennies a été relancé. Les avocats dans la communauté internationale d’une solution à deux états et les inconditionnels des Accords d’Oslo font briller leurs chaussures et ressortent leurs vieux costumes.

Dans le même temps, un théoricien et un intellectuel américano-palestinien à la sagesse proverbiale doit se retourner dans sa tombe... Edward Saïd l’avait dit il y a bien longtemps et cela ne pourrait être plus juste aujourd’hui :
« La question, je crois, n’est pas de savoir comment trouver les moyens de les maintenir séparés, mais de voir s’il est possible pour eux de vivre ensemble et aussi paisiblement que possible. »
Ceux qui préconisent la séparation sont ignorants des complexités des relations israélo-palestiniennes à l’extérieur et à l’intérieur d’Israël. Le paradoxe des politiques d’apartheid en Israël, c’est que celles-ci veulent imposer la séparation entre les colons et les natifs, mais en poursuivant simultanément une expansion qui force l’interaction et dans certains cas, l’intégration.
Quelques députés britanniques ont affirmé dans leurs discours qui ont précédé le vote, qu’il était impossible de croire à une solution à deux États. Ils semblent avoir une très bonne compréhension du niveau de monstruosité atteint par l’occupation et de jusqu’à quel point les colonies de peuplement sont devenues écrasantes dans des territoires qui devraient être palestiniens.
Cependant, les « amis d’Israël » et les sionistes en général sont parvenus à infléchir une initiative même non contraignante et symbolique de reconnaissance de la Palestine, la transformant en reconnaissance conditionnelle attachée à une solution à deux États.
Avec la crise de légitimité à laquelle Israël doit faire face au niveau international, une chaude et importante discussion a lieu entre les groupes sionistes - particulièrement l’AIPAC [American Israel Public Affairs Committee]. Quelques sionistes voient dans une solution à deux États une légitimation permanente et incontestée de l’État juif, à condition de maintenir en état de faiblesse et d’instabilité chroniques un État palestinien voisin. D’autres dans les cercles sionistes rejettent absolument toute idée de rendre des territoires puisqu’ils peuvent en voler autant qu’ils veulent et sans la moindre répercussion.
À un moment où les manœuvres politiques coloniales et le discours sectaire et démagogique dominent le conflit, de nombreux chercheurs juifs et palestiniens ont mutuellement insisté pour défendre la seule et unique solution à la crise. Comme Edward Saïd l’a explicité, Oslo « a préparé le terrain pour la séparation » tandis qu’une paix permanente n’est possible que dans le cadre d’un État israélo-palestinien binational.
L’historien et écrivain Tony Judt a défendu l’idée dans son livre Israël : l’alternative qu’ « une véritable alternative au Moyen-Orient dans les années à venir sera entre un Plus Grand Israël ethniquement nettoyé et un état unique et intégré, binational avec les Juifs et les Arabes, les Israéliens et les Palestiniens. »
L’ex-maire adjoint de Jérusalem, Meron Benvenisti, estime que les Israéliens et les Palestiniens vivent déjà dans « une réalité binationale ». Hannah Arendt, Martin Buber, Judah Magnes, Ilan Pappe, et beaucoup d’autres voix juives importantes ont plaidé pour un état binational. Tandis que beaucoup de monde considère l’occupation comme irréversible, de plus en plus nombreux sont ceux qui considèrent que la seule solution viable qui subsiste est la coexistence.
Dans un contexte moderne, la coexistence ne signifie pas une culture imposée. Pourtant dans le cadre du conflit israélo-palestinien, elle l’est. Les raisons sont non seulement liées aux intérêts d’une élite et à l’inertie de la politique internationale, mais également aux idéologies qui conduisent les deux côtés du conflit.
Edward Saïd a présenté la revendication d’une Palestine « principalement et exclusivement » arabe, comme une construction nationaliste et une simplification radicale « d’une terre chargée de beaucoup d’Histoire ». Ce n’est pas alimenter le mythe sioniste que de dire cela, mais plutôt reconnaître la riche nature multiculturelle, multi-ethnique et multi-religieuse de cette Palestine perpétuellement menacée par l’hégémonie sioniste.
Dans une position réaliste mais forte de principes, Saïd admet que les revendications des deux protagonistes d’une terre « promise par Dieu » aux Juifs et d’une terre arabe appartenant aux Palestiniens doivent « être réduites en importance et vidées de leur exclusivisme ». Ceci peut être fait tout en préservant la culture juive et la culture palestinienne, et ainsi que celles de tous les autres groupes de moindre importance dans l’intervalle.
Si ce n’est ni une terre exclusivement juive, ni une terre exclusivement arabe, alors qu’est donc la Palestine et comment peut-elle être un un-état binational offrant une solution qui peut durer ? Alors que plusieurs exemples dans l’histoire contemporaine peuvent inspirer le processus de construction d’un seul état, le cas de la Palestine-Israël reste singulièrement complexe à cause de sa longue histoire, de la gravité des dommages infligés, de la réalité coloniale et du déséquilibre des forces en présence.
Selon Saïd, la caractéristique sociale la plus importante pour un seul état en Palestine serait la pratique de la citoyenneté dans un sens moderne du terme. En d’autres termes, en partageant des droits et des responsabilités en vertu d’une loi qui traite tous les individus sur un pied d’égalité, la citoyenneté s’impose alors par rapport au chauvinisme ethnique et religieux. Quand les mêmes privilèges, ressources, et opportunités seront disponibles pour tous, les idéologies nationalistes et les dogmes d’exclusion disparaîtront d’eux-mêmes.
Afin de favoriser le développement par les citoyens d’une nouvelle culture, Saïd suggérait de rédiger une constitution et une déclaration des droits qui reconnaissent le droit à l’autodétermination des deux peuples - comme dans le droit d’adopter librement une vie commune en vertu de la loi.
La question la plus ardue qui a compliqué un processus de paix déjà insoluble est celle de Jérusalem. La complication provient du rejet sioniste d’une alternative laïque régissant la vie sur la terre des religions sémitiques - le Judaïsme, le Christianisme, et l’Islam. Il est essentiel que les deux peuples admettent que leur existence devra se faire sous des règles laïques qui ne minent ni ne menacent le rôle si important joué dans leurs vies par leurs différentes croyances religieuses.
Jérusalem sera, dans un état binational et laïc, la capitale de tous avec un libre et égal accès pour tous. La capitale, comme le reste de la Terre Sainte, devra être protégée et régie en vertu de lois laïques qui protègent les droits civiques et juridiques de ses habitants.
Cette alternative humaniste dont Saïd - comme beaucoup d’autres intellectuels des des côtés - a montré la voie, représente une alternative à une séparation coloniale indigne et/ou à une guerre permanente. Car comme Tony Judt l’a écrit, il est temps de « penser l’impensable ».
Voir aussi, sur E&R :
E&R | 12 octobre |11

Ouverture au Caire de la conférence des donateurs pour la reconstruction de Gaza

La conférence des donateurs pour la reconstruction de Gaza s’est ouverte ce dimanche au Caire en Égypte. Une vingtaine d’organisations internationales et une cinquantaine de pays doivent s’accorder (...)

BHL mon amour, lettre ouverte à Bernard-Henri Lévy
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